Enseigner les faits religieux, Quels enjeux ?
EAN13
9782200346409
ISBN
978-2-200-34640-9
Éditeur
Armand Colin
Date de publication
Collection
DEBATS D'ECOLE
Nombre de pages
224
Dimensions
20 x 14 cm
Poids
258 g
Langue
français
Code dewey
370
Fiches UNIMARC
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Enseigner les faits religieux

Quels enjeux ?

Édité par ,

Armand Colin

Debats D'Ecole

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PREMIÈRE PARTIE?>Les faits religieux : de la recherche scientifique à l'école?> L'enseignement des faits religieux à l'école, dans un cadre laïque, devient possible quand le discours sur le religieux ne relève plus de l'histoire sainte. La première partie de ce livre décrit le cheminement qui conduit de la recherche savante et universitaire consacrée aux religions jusqu'à la mise en place de l'enseignement des faits religieux dans les écoles, les collèges et les lycées. Le premier chapitre montre comment l'organisation d'un enseignement profane des religions est contemporaine à la fois du développement de l'exégèse, et donc de l'examen critique des textes fondateurs, et du temps de la sécularisation des sociétés européennes. En France, plus précisément, la République crée des lieux de recherche quand l'instruction religieuse cesse d'être obligatoire à l'école publique. L'enseignement des religions s'appuie ainsi sur plus d'un siècle de travaux érudits autour desquels se sont rejoints anthropologues, historiens et sociologues. Cependant, dans l'enseignement scolaire, ce ne sont pas les religions, mais les faits religieux que l'on enseigne. Pourquoi, après le rapport de Régis Debray en 2002, cette expression s'est-elle généralisée ? Bien que déjà identifié comme fait historique et comme fait social par les sciences historiques et sociales, le religieux appréhendéà travers des faits nécessitait une explication. C'est ce à quoi s'emploie le second chapitre, qui explicite le sens et la portée de cette expression en en dégageant, loin de tout positivisme, les diverses dimensions. Parler de faits religieux définit dès lors le contenu d'un enseignement. Cette approche permet, dans un troisième chapitre, de présenter le débat sur l'enseignement des faits religieux à l'école. Chargé d'histoire, ce débat est réapparu, autour des années 1980-1990, à partir d'un constat d'appauvrissement culturel, et il a rebondi au début du vingt et unième siècle dans un autre contexte. Nourri en France par un siècle de controverses entre le religieux et l'école, il prend un autre tour quand on le situe dans un contexte européen. Dans chaque pays d'Europe, comme au sein des institutions européennes elles-mêmes, la question est aujourd'hui posée de savoir comment l'école publique doit aborder les faits religieux dans des sociétés sécularisées et de plus en plus culturellement diversifiées.?>Chapitre 1?>La naissance de l'histoire des religions en Europe et la laïcisation des « sciences religieuses » en France?>L'intérêt pour la diversité des pratiques religieuses des peuples est ancien dans la tradition occidentale : les historiens se plaisent à citer, à juste raison, l'inlassable curiosité d'Hérodote. Tout aussi ancienne est la confrontation des grandes religions, au cours de leur histoire, avec un environnement religieux pluriel, comme, au Moyen Âge, la chrétienté avec l'islam et le judaïsme.La grande nouveauté en ce domaine se situe au XVIe siècle, avec la conjonction de trois phénomènes qui ont eu des effets immédiats ou différés sur l'histoire des religions. Le premier est la conséquence des grandes découvertes ainsi que de l'expansion européenne – y compris la conquête missionnaire – qu'elles entraînèrent. Deux « figures » religieuses absolument nouvelles apparaissent : le bon sauvage d'Amérique, et le sage et religieux chinois, ce qui conduit à une décentration salutaire par rapport au monde religieux médiéval, habité surtout par les débats entre les trois monothéismes. Le second changement est la conséquence de la Renaissance : le retour de l'Antiquité s'opère conjointement sur le mode de l'appropriation (art classique et modèle scolaire jésuite) et de la distance érudite (édition et publication des textes). Les religions de l'Antiquité font retour, étudiées pour elles-mêmes ; surtout, l'approche érudite, utilisée pour établir les textes anciens, va devenir le modèle de toute étude scientifique des textes religieux. Le troisième changement peut paraître plus paradoxal : il s'agit de la Réforme protestante et du phénomène de confessionnalisation qui en résulte. En effet, la coupure en deux du christianisme latin conduit à la fois à produire une diversité religieuse au sein même du monde occidental, qui se projette sur le nouveau monde par l'effet de la conquête, mais aussi à contraindre catholiques et protestants qui polémiquent entre eux à produire des preuves érudites de leurs assertions, ce qui aboutit progressivement à une meilleure connaissance des textes fondateurs et à la naissance de l'exégèse scientifique.
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