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  - Site mis à jour le mercredi 3 juin 2009 -
Laurence Medori - Editions et dessins originaux
 

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Dessiner, rencontre en suspension.

Vivre dans le motif, je choisis un territoire et je l’explore en profondeur, j’y marche, je l’arpente, je le scrute, je le savoure. Je crois voir et je ne vois rien. Je dessine par intuition avec la confiance de ce qui arrive. Le dessin naît de sa poussée interne, apparition, échappée, insaisissable émis à visibilité, le fond monte à la surface, la figure émerge en vie, elle me surprend, elle m’étonne.

Aller à la vision, être une surface sensible réceptive, voir à travers, voir en fermant les yeux et permettre au surgissement de l’oubli à soi-même d’exister. Le motif est support, il motive la vue et la ligne de ses visées.

Discipline assidue, j’exerce un dialogue intense du motif à la page et de la page au motif, je répète le geste de l’œil à la main, de l’encrier au papier, du corps à la ligne. Captive des paysages, je saisis sur le vif, pas de repenti, pas de retouche ; j’improvise en direct, mue par les sensations, le vécu et les ressentis. Mes outils de prédilection sont l’encre de Chine, la plume et le papier. Je procède par séries, je répète, j’improvise à nouveau et à nouveau. L’entraînement intensif permet de pénétrer la forme et de percevoir intimement le dedans du sujet. De la délicatesse à la fragilité, de l’emportement à la retenue, je cherche à dire moins pour dire plus, à approcher l’économie du dessin permettant l’ouverture de l’espace du regard. C’est le spectateur qui finit le dessin. Un dessin qui soit l’expression de la suspension du temps, du vivant et de l’habité.

Dans les paysages dont ma curiosité ne cesse de se réjouir, théâtres et lieux de créations chorégraphiques, recherches et répétitions, îles, montagnes et roches, je m’approche, je m’éloigne, je tourne autour du motif, je change de points de vue, je m’imprègne, j’y respire, j’y goûte ce qui s’y passe, ce qui s’y joue (odeur, couleur, rythme, tension, pulsation,...), j’y descends par les pores, les peaux, les papilles, j’écoute en dépôt, en vide, en absence, je laisse passer les pensées, je vois sans voir, cela me touche et me traverse.

Sensibles lignes inspirées de l’observation, ce que l’œil capte passe en main. Des châteaux, des îles, des figures, des danseurs, des personnages, des architectures, des émotions, des inattendus, des surprises, ...

Laurence Medori

 
 
  - Site mis à jour le mercredi 3 juin 2009 -
Rencontre avec l’historien Pierre OUTTERYCK et les éditions du Geai Bleu pour la parution du livre "Martha Desrumaux, une femme du Nord"
 

Mercredi 29/04 à 18h30


Silence, on tourne. 1936, le cinéaste Jean Renoir l’observe. Il l’imagine à 10 ans fuyant la demeure bourgeoise dont elle est la bonne à tout faire ! Martha a décidé, elle sera ouvrière. Ouvrière du textile. Travail du lin, un des pires boulots de l’époque. À 12 ans, encore enfant, Martha gronde de révoltes. Elle ne supporte ni l’injustice, ni l’humiliation, ni l’exploitation. À 12 ans, la voici syndiquée à la CGT. À 15 ans, elle adhère aux jeunesses socialistes d’avant 14. La Première Guerre Mondiale l’emporte dans sa tourmente ; en 1917, Martha dirige sa première grève. Avec les filles de son atelier, elle gagne. Première victoire, premier maillon d’une chaîne de multiples luttes.

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