Marianne K.

Jeu blanc
par (Libraire)
17 octobre 2017

Bouleversant !

Quand on lit Richard Wagamese, on doit s’attendre à être bouleversé, à revoir nos idées reçues, nos jugements, nos impressions sur les personnages. Car cet auteur Canadien, aux origines Ojibwés, est un maître dans l’art de chambouler les sentiments du lecteur !

Alors que sort en poche (10/18) Les étoiles s’éteignent à l’aube, superbe roman sur la relation père/fils et sur les traditions amérindiennes, les éditions Zoé publient Jeu Blanc, son précédent roman en anglais. On retrouve dans ce texte toute la puissance de son écriture, merveilleusement traduite par Christine Raguet, on est une fois de plus complètement immergé dans l’atmosphère si particulière de Richard Wagamese. On rencontre ici Saul Indian Horse, un amérindien qui éprouve l’irrépressible besoin de raconter son histoire : l’enfance indienne, les années dans un internat où des blancs font tout pour effacer toute trace d’indianité en lui, l’adolescence passée sur la glace des terrains de hockey, et le racisme, surtout, qui règne dans le Canada des années 1970…

Richard Wagamese s’est éteint en mars 2017, à l’âge de 61 ans. Son œuvre mérite de rester vivante, d’être lue, et défendue sur les tables de nos librairies ! Si vous ne le connaissez pas encore, réjouissez-vous, vous allez avoir la chance de le lire pour la première fois et d’être conquis !

Utopies réalistes / en finir avec la pauvreté, un monde sans frontières, la semaine de travail de 15
par (Libraire)
26 septembre 2017

Des utopies pour le monde de demain.

Quand on nous parle de réduction du temps de travail, de revenu de base, d’extinction de la pauvreté ou d’ouverture des frontières, ils sont nombreux à taxer de naïveté les penseurs qui osent mettre en avant ces idées. Pourtant, l’histoire et de nombreuses études ont montré que ces idées étaient non seulement réalisables, mais également bénéfiques à l’ensemble de la société ! Historien et journaliste, Rutger Bregman s’appuie sur de nombreux travaux, d’Esther Duflot à Thomas Piketty en passant par David Graeber, et sur des expériences historiques oubliées, pour prouver que ces idées ne sont pas si folles ! Nous avons besoin d’utopies, ce sont par elles que passeront les progrès et que s’amélioreront nos conditions de vie et de travail. Cet ouvrage stimulant et d’une rare accessibilité nous invite à réfléchir à ce que nous voulons et à arrêter d’écouter naïvement les pontes du capitalisme ! Revigorant !

Le maître des miniatures
12,00
par (Libraire)
26 septembre 2017

Monstre ou génie ?

Alors qu’il est en train d’imaginer comment créer le monstre Gojira (devenu Godzilla en occident), Eiji Tsuburaya, directeur des effets spéciaux de la Toho Films, prend conscience de son incapacité à être un bon mari et un bon père. Alors que le Japon se remet difficilement des ravages des bombes atomiques, le film naissant rappellera aux habitants de l’archipel la dévastation de la guerre… Court roman regorgeant de questionnements, Le Maître des miniatures est un texte simple et subtile mêlant la « grande histoire » et les bouleversements de l’intime !

Rosa la rouge

Evans, Kate

Amsterdam

20,00
par (Libraire)
19 septembre 2017

Portrait de Rosa Luxemburg

Quelle intelligence ! Quel courage ! Quelle audace ! Voilà ce qu’on peut se dire en achevant la lecture de Rosa La Rouge. Ce formidable roman graphique dresse le portrait de cette femme incroyable, de son enfance dans la Pologne tsariste et antisémite, jusqu’à son assassinat dans l’Allemagne de 1919, en passant par la Suisse et l’Angleterre. Mais il s’agit ici non seulement de sa vie privée mais aussi et surtout de la construction de sa pensée, de ses capacités de réflexion et d’écriture, simplement prodigieuses, et de son inégalable talent d’oratrice !
Des dessins en noir et blanc, une construction brillante et sensible, la clarté des propos et la richesse des notes font de cette BD l’ouvrage parfait pour découvrir ou re-découvrir Rosa Luxemburg. Rosa la Rouge !

Je me promets d'éclatantes revanches
par (Libraire)
18 septembre 2017

Ode à Charlotte Delbo.

« Tout en elle respire la vie, la joie, la déportée semble être restée à Auschwitz et Ravensbrück : « Je me promets d’éclatantes revanches », écrit-elle à Louis Jouvet à peine libérée. »

« Elle », c’est Charlotte Delbo, résistante pendant la seconde guerre mondiale, déportée dans les camps, qui en est sortie vivante et qui n’a eu de cesse d’écrire pour tenir à distance l’oubli qui guettait ces codétenues, mortes avant la libération. Dans ce texte inclassable mais à la puissance ô combien mémorable, Valentine Goby nous conte ses lectures de l’œuvre de Charlotte Delbo, elle nous embarque dans l’histoire de cette femme extraordinaire, que l’histoire à impitoyablement reléguée au second plan et dont le nom est bien trop méconnu… Parsemé de réflexions sur la déportation, la vie concentrationnaire, la littérature, l’art et l’écriture, cet ouvrage submerge, tel un raz-de-marée, il vous entraîne et vous chahute, et, surtout, vous marque profondément !
« Elle dit à Chancel : « Je n’oublie pas et en même temps j’oublie. » Elle est le paradoxe de l’écriture qui avive et anesthésie, la vie et la mort concomitantes ; la vie triomphe à la fin »

« Et comme l’amoureuse dont la langue ne tarit pas sur l’objet de son cœur, je voudrais par ce livre susciter, par contagion irrésistible, le désir de connaître Charlotte Delbo, et de l’aimer. » Valentine Goby.
C’est une réussite, mais tellement plus encore… Un ouvrage bouleversant !