Brice F.

par (Libraire)
16 mai 2022

Court bijou d'une centaine de pages, ce Serpent des Blés est un plaisir cinématographique, ciselé dans la lumière des matins d'été. Dans un instantané sépia, irisé du jaune des blés, du bleu d'une camionnette ou du rouge vif d'un chapeau, se dessinent les contours d'un récit vif et mordant, à la manière de ces serpents qui se glissent entre nos jambes pour disparaître à tout jamais.

par (Libraire)
13 mai 2022

Un matin de 1972 François, dit "Narval", franchit les portes des Chantiers navals de La Seyne-sur-Mer. Là, dans les pas de son père, ajusteur, et le fracas des Machines, la graisse, la sueur, Narval va faire son apprentissage d'ouvrier, d'homme, de camarade. Autour de lui, ils s'appellent entre eux Cochise, Mangefer, Barbe, l'Horloger.
Lorsque brutalement les Chantiers navals ferment, à la fin des années 1980, démarre alors le temps de la lutte, sociale, syndicale. Et plus cruelle encore, la lutte contre l'amiante qui lentement dévore les corps...

Avec pudeur, tendresse et une écriture remarquablement fine et concise, Christian Astolfi chronique ce lent effondrement d'un monde ouvrier, sur quarante ans d'évolution politique et sociale, d'espoirs et désillusions ( je l'ai lu à sa sortie début avril, vous voyez le contexte ? ).
Première publication de la toute jeune et prometteuse maison d'édition Le Bruit du Monde, "De notre monde emporté" est un roman admirable, qui rend hommage à ces vies d'hommes sacrifiées sur l'autel de la productivité, de la "restructuration économique", et du scandale de l'amiante.
À lire absolument.

23,00
par (Libraire)
11 mai 2022

Embarquez à bord du '"Saardam", voilier de la compagnie des Indes Hollandaises, pour une traversée pleine de mystères, de phénomènes étranges et énigmes tortueuses !
À la fois roman d'aventures maritimes et roman policier dans la pure veine de Conan Doyle, cette "Étrange traversée" est une vraie belle réussite , au rythme soutenu et à l'intrigue haletante.
Et que dire de l'atmosphère façon Hollandais Volant et du stupéfiant final ? Bravo !

Guixing ZHANG

Philippe Picquier

23,00
par (Libraire)
29 avril 2022

Bornéo, décembre 1941. Krokop est un village côtier perdu au nord de l'île. Quelques années auparavant, il a gagné son surnom de Bouk aux Sangliers, à l'issue d'une bataille épique contre une terrible harde de sangliers. Là, vivent des chasseurs opiomanes picaresques tels que Kwan la Face Rouge, Tsing le Biscornu, A-hung, Tzo Da-dy; des marchands tout aussi opiomanes à la gouaille truculente; une vieille sorcière du nom de Mapopo que l'on dit capable de s'envoler en faisant tournoyer sa faux; une infinie ribambelle d'enfants armés de lance-pierres le visage caché derrière des masques de yokaï, la belle et redoutable Emily aux bras annelés de bracelets, insaisissable...Et puis soudain, surgissent ceux qu'ici on nomme les Monstres: l'armée japonaise.

La Traversée des Sangliers est un chef d'œuvre flamboyant et halluciné, porté de bout en bout par une langue riche, généreuse, et sublimé par un exceptionnel travail de traduction.
Une expérience de lecture comme j'en ai fait rarement, tant l'immersion est absolue dans un maëlstrom de sensations, d'odeurs de fruits - et l'on entend même les mouches avides bourdonner -, de touffeur végétale, organique. La Nature immuable qui vibre et palpite, indifférente à la violence et la cruauté inouïe des hommes qui s'entretuent en son sein.
Le récit est déconstruit, elliptique, les noms des personnages se ressemblent, se mélangent et s'entrecroisent dans un réalisme magique si troublant, que l'on ne saurait dire si ce que l'on lit est vraiment en train de se passer, ou si notre perception est elle aussi perturbée ( exaltée ? ) par les vapeurs d'opium. Ainsi, le temps semble s'étirer, se distordre parfois, traduisant l'ampleur du traumatisme que constitue encore l'occupation japonaise ( 1941-1945 ) dans la mémoire collective malaisienne.
Le roman dans son entier est un furieux tourbillon, jubilatoire, parfois choquant par sa violence et sa crudité, - âmes sensibles, s'abstenir ! -, mais aussi parcouru de moments absolument drôles, magiques, inoubliables.

Cercopithèques, coucals, éperviers bleus, crocodiles, coqs sans têtes, chiens-fantômes, sangliers, urine, sang, larmes, têtes coupées qui parfois volent dans la nuit, durians, ramboutans, porc-épics, katanas et parangs, fleurs multicolores, l'amour que l'on fait dans la moiteur des jours... Le dépaysement est total. Si l'aventure ne vous fait pas peur, croyez-moi, vous en sortirez ébahis.

L'épique saga de la famille Caskey

1

Monsieur Toussaint Louverture

8,40
par (Libraire)
17 avril 2022

Attention, contenu hautement addictif !

Perdido, Alabama, 1929. Alors que la petite ville se remet lentement d'une crue monumentale qui a causé des dégâts économiques et humains, une belle et énigmatique jeune femme fait mystérieusement son apparition. Elinor Dammert, c'est son nom, va peu à peu bouleverser l'ordre établi à Perdido, en même temps que s'installe autour de la rivière désormais apaisée, une bien étrange atmosphère...

Vous en avez sûrement déjà entendu parler, et si ce n'est pas le cas, ça ne devrait pas tarder. Blackwater, de Michael Mcdowell EST L'ATTRACTION LITTÉRAIRE de ce mois d'avril. Signée en 1983 par un maître de la littérature fantastique, (scénariste notamment du culte Beetlejuice de Tim Burton), à l'écriture solide et efficace, Blackwater est autant une saga familiale qu'un conte gothique du sud des États-Unis.

Qui plus est, pour la première traduction française de ce qui fut un énorme succès aux États-Unis, la publication de cette saga en six tomes se fait sous forme de feuilleton, selon la volonté originelle de l'auteur. Ainsi, tous les 15 jours, un nouveau tome vous attendra à la librairie. Le 2e tome sort vendredi prochain.

Mais en ce jour de Pâques, je tenais à vous prévenir, une fois la première page tournée, c'est pire qu'une boîte de chocolats...C'est du poche, l'objet est incroyablement beau, et j'ai dévoré les deux premiers tomes en quelques heures ! Obsédant et addictif !