Julien L.

http://ohpopup.canalblog.com/

Libraire depuis plus de 15 ans, je vois mon métier comme un métier de transmission
C'est pour cela que j'ai créé un blog consacré à ma passion : le livre animé voici l'adresse : http://ohpopup.canalblog.com/

T'es pas ma mère
par (Libraire)
19 avril 2005

Une mère écrit à sa fille, Stéphanie, qu'elle a abandonné vingt ans auparavant. Elle trouve enfin le courage de lui annoncer la vérité mais le poids du passé est beaucoup trop pesant : « je portais en moi ce regard d'une mère sur mon ventre avec tant de violences que le reste n'existait plus ». Elle ne vit plus l'instant ni le présent car ses souvenirs la hantent. Mais Stéphanie n'est pas prête à revoir cette mère. Sa sensibilité et son émotivité l'anéantissent, l'étouffent dans un cocon de culpabilité.
Par un échange de lettres, l'auteur peint des personnages extrêmes et poignants. Elle rend hommage à sa façon au courage de l'adoption.

L'Héritage d'Esther, roman
14,20
par (Libraire)
19 avril 2005

Une écriture délicate, virulente, qui dresse deux portraits puissants et complexes. Sandor Marai est désormais considéré comme l'un des écrivains Hongrois majeurs du siècle dernier.
Par l'auteur des "Braises", autre roman à lire absolument.

VUE SUR LA MER

Levine, Norman

Phébus

par (Libraire)
19 avril 2005

Joseph est un écrivain sans succès qui mène une vie trop banale à son goût. Ne supportant plus le poids de ses racines, il aime se perdre dans la ville de LOndres où il retrouve ses amis artistes : Charles et Albert. Il évoque ainsi sa vie, celle d'un homme en proie à la solitude et à l'incompréhension d'une femme qu'il aime par habitude et qu'il va tromper afin d'exprimer sa passion.

Il se définit lui même comme un personnage de roman : "Joseph GRAND. Né en 1926 en Pologne. Arrive au Canada avec ses parents [...] s'enrôle en 1944 dans la RCAF, l'armée de l'air canadienne de sa majesté. [...]Après la guerre, retourne en Angleterre. Epouse une britannique. Ecrit des chroniques de voyages."
On est touché par son témoignage sincère car sa vie humble et intimiste pourrait être très bien la nôtre. Dans une langue épurée, sublime et authentique, Norman Levine décrit avec habileté le désenchantement de l'homme. Ses personnages évoluent ainsi dans un cadre unique teinté d'une atmosphère romantique et expressionniste. L'ivresse de l'amour, la beauté de la ville, la quête d'identité et des sentiments sont autant de thèmes que l'auteur traite avec force et maturité.

Ana Marija ne m'aimait pas, roman
par (Libraire)
19 avril 2005

« Un croate…qu'on lui répétait, tu n'y penses pas !Un étranger. Quelqu'un d'une autre religion !D'un autre peuple. Qui a d'autres coutumes »

Iva est le fruit de l'union d'un père croate et d'une mère serbe. Tout au long de sa vie, elle cherchera une identité et un peuple auxquels elle pourra s'identifier. On propose à son père, Tonislav, un poste de musicien à Zagreb, la ville de son enfance. Iva et sa mère s'y installent donc au plus grand désarroi d'Ana Marija qui considère toujours sa belle fille et sa petite fille comme des ennemies du peuple croate. Mais un jour, Iva lui révèle son plus profond désir : « Je veux devenir écrivain ! Femme de lettres !(…) Pour la première fois, je ne suis pas une petite morveuse, une sale gamine, une mécréante. Je suis Iva. Oui Iva ! Iva ! C'est la reconnaissance, enfin » ! Mais bientôt Iva et sa mère sont contraintes de fuir Zagreb. Elle retournent dans cette charmante bourgade de Serbie où Iva se sent encore plus exclue, perdue et tellement seule. Mais ce qu'elle désire au plus profond de son être, c'est d'écrire la vie et toute la vie ! Entièrement plongée dans la solitude, l'ambition et les rêves.
Dans une prose minimaliste, l'auteur décrit de façon admirable, les difficultés et les mésententes que rencontrent ces deux pays. Alors qui mieux que cette jeune serbo-croate peut symboliser cette réconciliation tant attendue ?

Cousse, Raymond

Motifs

6,10
par (Libraire)
19 avril 2005

Sort enviable ! Destinée radieuse ! Etroitesse idéale de l'espace, enfermement béni ! Lorsqu'on est un cochon doué de raison, engraissant dans un local de deux mètres sur deux où toutes les libertés sont permises, on ne peut que se féliciter de l'existence et... raisonner.Et il raisonne ce "cochon très ordinaire", citant au besoin Eschyle ou Lénine... et ses réflexions pleines d'humour, ne sont pas dénuées de sagesse. Que sait-on, en effet, de l'influence sur les jambons de la position du seau par rapport à la mangeoire ? De la maturation du fumier sur le lard et la pensée ? Des conséquences du moindre laxisme sur l'Edifice tout entier? Humble représentant de la race porcine, quel exemple, quelle rigueur ! Quelle abnégation même! Et quel admirable respect pour une hiérarchie bien sentie. Car être cochon, monsieur, c'est d'abord un devoir!