Jean T.

https://lecturesdereves.wordpress.com/

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par (Libraire)
27 juillet 2021

[...]
L’écriture de ce roman est poétique et évocatrice de la nature. Elle donne parfois la sensation de pratiquer une lecture contemplative, ce qui convient bien à l’atmosphère et aux paysages de l’Islande. On ne saura pas tout des personnages, ni comment arrivent certains événements qui conserveront leur mystère. Parfois, il faudra être sensible à l’évocation, abandonner sa rationalité. C’est un roman inquiet des blessures faites à la nature et de la possible disparition des êtres vivants. Les thèmes sont très présents de la disparition, de la mort, de l’attachement réciproque des personnes, de la douleur que l’on porte en soi une vie entière. Mais l’auteur n’a pas renoncé à faire ressentir au lecteur la part mystérieuse de tout ce qui vit, la bonté des humains, la beauté de la vie terrestre.
Un très beau roman, sensible, lumineux qui transportera le lecteur dans un bel ailleurs.

Roman

Philippe Rey

19,00
par (Libraire)
19 juillet 2021

Le lecteur est prévenu : "à la fin de ce récit, je vais me tuer. Et puis mourir.C’est ainsi."
L’homme, la Bête, est enfermé dans une structure psychiatrique. Il passe des jours nu, attaché sur une table, ne rêvant que de s’évader ,et de retrouver sa mère. Alors que l’avocat lui avait recommandé de plaider l’aliénation mentale, on constate qu’il est loin d’être dépourvu d’intelligence quand il arrive à s’évader.

Dès qu’il est dehors, il s’habille en punk et se fait tatouer une cible sur le front, ce qui en fait de facto, un homme à abattre. À Montréal, il fuit à la recherche de sa mère, tuant à l’occasion sans aucun remord pour ses victimes, rencontre Maple qui arpente le trottoir et "tombe en amour" de Bébette, une très jolie punkette, a des relations effrénées avec elles, prend de la drogue, manipule tous ceux qu’il peut entourlouper, tient des propos racistes, sexistes et homophobes… Bref, la Bête n’est pas le personnage que l’on rêve de rencontrer le soir en sortant d’un cinéma. Pourtant, l’homme est tellement en manque d’amour, sa recherche de sa mère est tellement touchante qu’on se prend à espérer qu’une bonne âme lui vienne en aide.
Sauf que le début du roman du québécois David Goudreault ne laisse aucune illusion sur la fin. Avec un humour déjanté, une plume alerte, il fait assumer son destin à son héros. Il fait varier les rythmes, maintient un bon niveau de brutalité et de vulgarité, un langage cru et sans filtre, fait se succéder des péripéties cyniques et hilarantes. L’humour de l’auteur adoucit la barbarie du sujet et permet au lecteur d’aller à la fin de ce roman psychologique et social sans être durablement choqué et traumatisé par la vie de la Bête, que la société a rejeté et abruti.
Ne croyez pas que ce roman soit totalement dystopique. Le regard acéré, cruel et critique de David Goudreault sur l’enfermement des psychopathes et sur les traitement qu’on peut leur faire subir ne laisse pas de doutes sur leur existence réelle. Il oblige le lecteur à se positionner sur cette forme de violence.
"Abattre la bête" est un roman indispensable. Il faut le lire. "C’est documenté".

par (Libraire)
26 mai 2021

(...) Certes, le roman est noir, mais Joe manifestant une ironie et une vraie confiance en soi, le roman ne sombre pas dans le désespoir. Jean-Baptiste Andréa excelle à décrire de nombreux petits moments qui permettent aux enfants de ne pas être détruits, les amitiés qui réparent les blessures infligées, leur énergie toujours renouvelée. Il le fait avec sensibilité et poésie, avec tendresse, dans des phrases belles et musicales. On ne peut lire ce texte sans en admirer l’élégance et sans ressentir d’émotion. C’est un roman "beau comme un do mineur", comme dit le vieil homme.

19,90
par (Libraire)
17 mai 2021

Ambre est une jeune femme de 20 ans. Elle a tout abandonné (famille, amis, études) pour devenir la maîtresse de Philippe, un homme de 40 ans, marié, qui l’entretient dans un petit appartement qu’il lui loue. Elle voudrait qu’il soit tout à elle. Son refus la pousse à tenter de se suicider. Philippe la sauve de justesse et l’envoie faire une saison d’hiver dans un petit village du Queyras, Arvieux. Là-bas, elle se retrouve au milieu d’une équipe de saisonniers de tous âges et situations personnelles, des personnes seules, un couple, une femme et sa toute-petite fille, un jeune couple… Elle fait chambre commune avec Tim, un jeune homme gay avec qui elle devient proche.
Au début, Ambre est secrète, sur la réserve, pas très expansive. Elle suscite la curiosité car "Personne ne devient saisonnier par hasard". De fait, dans cette bande de saisonniers, tous ont fui quelque chose dont ils ne veulent plus entendre parler. Elle découvre peu à peu qu’il y a des personnes qui empêchent de vivre librement, et même qui "détruisent" et d’autres, comme dit Tim, qui "réparent".
Ambre découvre une autre façon de vivre : des amitiés qui se font et se défont sans que ce soit forcément une rupture, des personnes et des comportements qu’il faut éviter, de chaleureuses relations de confiance, de l’attention portée aux autres, des discussions pour s’expliquer, de la camaraderie. Elle découvre aussi la montagne, la dure vie des saisonniers, ce qu’est un petit village alpin hiver.
Peu à peu ambre qui se croyait vouée au malheur et à la solitude se reconstruit par les autres, en les comprenant, en les accueillant, en s’acceptant dans leur regard.
Le groupe de travailleurs saisonniers est composé de personnages divers, chacun ayant sa personnalité, généreux ou égoïstes, très sympathiques ou plutôt détestables, rude et taiseux comme Wilson, bavard et franc comme Tim. Mélissa Da Costa décrit très bien leur psychologie, leur manière de penser, leurs émotions, leurs joies et leurs peines, leurs existences dans le groupe. Elle les scrute. Elle montre ce qu’est la vie enclose des saisonniers. Elle fait de la montagne un cadre prégnant, qui conditionne la vie des gens, que l’on peut arpenter pour en voir la beauté.
Au début, j’ai pensé que ce serait un roman plutôt à l’eau de rose, avec une belle fin, mais non. Ce roman balaie largement la vie de ce groupe où tout ne se passe pas bien, où on peut se haïr. Il montre qu’on ne peut vivre qu’en relation avec les autres, mais qu’il faut avoir du discernement pour trouver les personnes qui vont aider à grandir. Je pensais que ce roman, moins dramatique que "tout le bleu du ciel", s’oublierait sitôt fermé. Certains personnages se sont permis de faire des irruptions dans mes pensées, la preuve qu’ils sont attachants.
Un beau récit doux et dur comme la vie, bien écrit, captivant et touchant.

Au début, Ambre est secrète, sur la réserve, pas très expansive. Elle suscite la curiosité car "Personne ne devient saisonnier par hasard". De fait, dans cette bande de saisonniers, tous ont fui quelque chose dont ils ne veulent plus entendre parler. Elle découvre peu à peu qu’il y a des personnes qui empêchent de vivre librement, et même qui "détruisent" et d’autres, comme dit Tim, qui "réparent".
Ambre découvre une autre façon de vivre : des amitiés qui se font et se défont sans que ce soit forcément une rupture, des personnes et des comportements qu’il faut éviter, de chaleureuses relations de confiance, de l’attention portée aux autres, des discussions pour s’expliquer, de la camaraderie. Elle découvre aussi la montagne, la dure vie des saisonniers, ce qu’est un petit village alpin hiver.
Peu à peu ambre qui se croyait vouée au malheur et à la solitude se reconstruit par les autres, en les comprenant, en les accueillant, en s’acceptant dans leur regard.
Le groupe de travailleurs saisonniers est composé de personnages divers, chacun ayant sa personnalité, généreux ou égoïstes, très sympathiques ou plutôt détestables, rude et taiseux comme Wilson, bavard et franc comme Tim. Mélissa Da Costa décrit très bien leur psychologie, leur manière de penser, leurs émotions, leurs joies et leurs peines, leurs existences dans le groupe. Elle les scrute. Elle montre ce qu’est la vie enclose des saisonniers. Elle fait de la montagne un cadre prégnant, qui conditionne la vie des gens, que l’on peut arpenter pour en voir la beauté.
Au début, j’ai pensé que ce serait un roman plutôt à l’eau de rose, avec une belle fin, mais non. Ce roman balaie largement la vie de ce groupe où tout ne se passe pas bien, où on peut se haïr. Il montre qu’on ne peut vivre qu’en relation avec les autres, mais qu’il faut avoir du discernement pour trouver les personnes qui vont aider à grandir. Je pensais que ce roman, moins dramatique que "tout le bleu du ciel", s’oublierait sitôt fermé. Certains personnages se sont permis de faire des irruptions dans mes pensées, la preuve qu’ils sont attachants.
Un beau récit doux et dur comme la vie, bien écrit, captivant et touchant.

Roman

Éditions Gallmeister

23,00
par (Libraire)
17 mai 2021

(...) Pour son premier roman, Joe Wilkins fait du Montana, des montagnes, de la nature, le personnage principal. Il met en scène des personnages qui semblent réels, dans de belles relations pleines d’humanité. En plongeant dans cette Amérique profonde, il fait voir des gens dont les préoccupations sont celles des pionniers., des radicaux qui ne veulent pas de l’État fédéral, qui vivent leur fusil à la main pour chasser ce qu’ils veulent sur leurs terres, qui veulent vivre libres, sans aucune autre autorité que la leur. En face, il y a des gens plus cultivés et évolués, des écolos comme Gillian qui veulent respecter la nature et sa loi. Cet affrontement renvoie à la déchirure qui divise actuellement les États-Unis
Dans le livre de Joe Wilkins, le début ne laisse pas présager la montée en tension jusqu’à la fin d’une rare noirceur. Si on aime les romans "nature-writing", alors il faut lire celui-ci, car Joe Wilkins, qui a vécu dans les Bull Moutains, les racontent magnifiquement tout en délivrant un message prônant un humanisme tolérant et humble.