Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Conseillé par
1 juillet 2024

confinement

Je continue ma lecture des Chroniques et je découvre Laura, infirmière célibataire qui s’éprend de Marion lors d’une séance de cinéma. Le récit, composé de petites touches qui suivent chaque protagoniste, intercale parfois des remarques sur le cinéma : tout s’y fini bien, on ne peut que deviner ce que pense les personnages…

J’ai aimé que le récit intercale également les appels au 15 (le roman se déroule pendant la pandémie) : non, on ne peut pas se faire livrer de l’hydroxychloroquine ; non, on ne peut pas aller chercher une personne déjà à l’hôpital…)

Laura fait donc partie des infirmières qui ont travaillé pendant le confinement. Mais ce qui la ronge, c’est qu’elle ne peut plus voir Marion lors de leur séance ciné.

J’ai aimé suivre Laura au regard de Cléopâtre, découvrir son enfance et son adolescence, et finir par savoir pourquoi elle ne parle plus à sa mère alors qu’elles étaient si proches.

Bien sûr, elle croise la route de Mathilde, qui n’en dit pas plus, et qu’elle avait soigné après son agression dans le premier tome.

J’ai aimé le bibliothécaire qui organise des après-midi de lecture pour les enfants dans le collège désaffecté.

J’ai aimé le leitmotiv des élastiques des masques qui blessent derrière les oreilles.

J’ai eu de la peine pour Tonio dont le père avait tué le chiot parce que Tonio enfant avait oublié de le sortir uriner.

J’ai aimé la question que pose ce roman : comment ont fait les dealers et trafiquants, pendant le confinement, pour s’approvisionner et fournir leurs clients en manque ?

L’image que je retiendrai :

Celle qui m’a fait sourire des poireaux : l’auteur semble ne pas raffoler de ce légume.

Héloïse d'Ormesson

22,00
Conseillé par
25 juin 2024

RDA

Je commence par ce qui m’a gêné : ce roman est mal écrit, j’ai dû relire certaines phrases plusieurs fois pour en percer le sens. D’ailleurs, est-ce vraiment un roman ? Qu’y a-t-il d’inventé dans ces pages ? Tout ? Rien ? Et si la vie quotidienne en Stasiland était un roman, c’était un roman noir.

Je continue par ce que j’ai appris :

* tous les vêtements étaient étiquetés Manufacture du Peuple (si vous traversiez la frontière, vos vêtements pouvaient vous trahir)

* vous pouviez ne pas avoir d’emploi par ordre de la Stasi, ce qui rendait impossible à Amnesty International une quelconque action

* vous n’étiez pas chômeur (il n’y avait pas de chômeur en RDA), vous étiez en recherche d’emploi

* le parti a inventé la danse branchée Lipsi pour répondre à Elvis et au rock’n roll, une danse qui mêle des pas de danse grecque, de gigue irlandaise, de valse, sur un air de bossa-nova

* la Stasi avait irradié des personnes et des objets qu’elle voulait traquer (livres, pneus…). Le Bureau des dossiers de la Stasi recommande donc aux anciens prisonniers d’effectuer des examens médicaux réguliers

* les cartes est-allemandes comportaient des zones blanches correspondants aux zones qui abritaient des bâtiments de la Stasi, qui avait une prison en plein Berlin

* les femmes-puzzles (il y a aussi des hommes) de Nuremberg mettront plus de 400 ans pour reconstituer les dossiers broyés (ce qui montre le peu de cas que l’Allemagne fait de ces archives)

* le QG de la Stasi était imprégné d’une odeur de vieillards, d’après la femme de ménage qui n’arrivait pas à la faire partir

* le patron de la Stasi, Erich Mielke, n’avait que le mot pouvoir à la bouche, mais à tout de même demandé à consulter son dossier secret

Ce qui intéresse l’auteure, c’est de savoir comment les gens jugent leur décision passé maintenant que tout est fini : certains hauts gradés rencontrés rêvent du retour des beaux jours ; les anciens prisonniers ont encore le Mur dans la tête (ils craignent son retour à tout moment).

Bien sûr, le roman 1984 d’Orwell était interdit, car la vie des est-allemands correspondaient à la fiction.

Certains habitants pratiquaient l’émigration interne (à la maison, on vivait sans les codes du Parti) pour pouvoir au-dehors supporter les mensonges du pouvoir.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il n’y a pas eu de procès des nazis à l’est. De même après la chute du Mur, il n’y a pas eu de procès des cadres de la Stasi ni du Parti.

L’image que je retiendrai :

Celle du lino omniprésent, l’auteur ayant l’impression de baigner dans le lino marron partout et tout le temps.

Wayward Pines - épisode 1

1

Éditions Gallmeister

7,90
Conseillé par
25 juin 2024

dystopie

Voilà une lecture qui m’a bluffé.

Le récit commence avec un agent des Services Secrets américain (excusé du peu) qui a perdu la mémoire suite à une collusion avec un camion dans la charmante ville de Wayward Pines.

Bien sûr, mon esprit de déduction s’est tout de suite mis au travail : pourquoi n’a-t-il plus ses papiers ? Pourquoi le shériff est injoignable ? Pourquoi n’y a-t-il pas de voitures en ville les soirs ? Qui est vraiment l’infirmière Pam ? et j’en passe.

J’ai adoré les rebondissements lors de la fuite d’Ethan (l’agent s’appelle Ethan Burke) ; les révélations et les découvertes au fur et à mesure, et bien sûr le fin mot de l’existence de cette petite ville parfaite au paysage à couper le souffle.

J’ai aimé le leitmotiv du mois d’octobre te ses couleurs automnales.

J’ai adoré la stridulation du cricket, car oui, Ethan n’entend qu’un seul cricket.

Et j’ai adoré qu’Ethan survive à tout. Sérieux, il est meilleur que tous les super-héros réunis : les méchants le cognent à qui mieux mieux, il se cache et ne dort pas, ne mange pas (sauf des carottes et du pain trouvé dans un appartement lors de sa fuite). Et pourtant, il rend coup pour coup, grimpe comme un cabri et ne lâche jamais. Impressionnant.

Un premier opus qui m’a tenu en haleine et m’a mis l’eau à la bouche : si il y a autant de rebondissements dans ce premier volet, que me réservent les autres ? J’ai hâte.

L’image que je retiendrai :

Celle de la petite ville de Wayward Pines qui semble sortie de l’imagination de Norman Rockwell.

Hannelore Cayre

Anne-Marie Métailié

18,00
Conseillé par
25 juin 2024

préhistoire

Le premier roman noir de la préhistoire ne déçoit pas (comme toujours avec l’auteure).

J’ai aimé le personnage principal Oli, une jeune fille qui veut chasser. Problème : le chef vieillissant de la tribu ne le veut pas, cela bouleverserait l’ordre du monde.

J’ai aimé sa soeur la débrouillarde qui lui invente un objet pour lancer plus précisément et avec plus de force sa javeline.

J’ai aimé leur découverte de la maternité : les femmes ne sont pas enceinte par hasard mais à cause des hommes. Une découverte qui entrainera des guerres de tribus.

Car pendant cette période, l’amour était un jeu pratiqué de façon très libre.

J’ai aimé le périple d’Oli jusqu’à la mer et j’ai aimé sa collection de pierres comme objets de souvenirs.

J’ai découvert bien sûr les doigts coupés, mais aussi la lampe à graisse, le mégacéros et la javeline.

J’ai aimé que l’auteure parle du socle de la domination masculine : l’accaparement des armes et des outils ; la reproduction forcée et l’échange économico-sexuel.

J’ai aimé cette image répétée : la ligne c’est l’homme, le cercle c’est la femme.

Un roman certes noir mais surtout féministe.

L’image que je retiendrai :

Celle de la rencontre avec une tribu à la peau blanche, de gros sourcils et peu de vêtements.

Conseillé par
25 juin 2024

vie moderne

Je découvre avec ce premier opus les Chroniques de la place carrée de Tristan Saule édité au Québec. Pourtant, cette fameuse place carrée se situe quelque part en France entre un ensemble de Grands Immeubles et un quartier résidentiel cossu.

La première scène est assez anxiogène : Gaëlle ouvre sa porte à une drôle de réparatrice du câble.

Cette réparatrice, c’est Mathilde, grande et robuste, dont on découvrira petit à petit sa vie actuelle et le drame de son passé.

J’ai aimé que de son ancienne carrière de sportive de haut niveau de judo il lui reste une compréhension instinctive de n’importe quelle situation.

J’ai eu de la peine pour cette jeune femme qui se laisse embarquer par amour pour Thibault dans des magouilles à la petite semaine. Parce que Thibault est le seul à l’avoir vraiment regardé.

J’ai détesté sa névrose : elle compte toutes les 8 minutes car c’est le temps que met la lumière du soleil pour arriver jusqu’à nous. Si un jour le soleil d’éteint, nous profiterons de sa lumière pendant encore 8 minutes sans le savoir, et après il n’y aura plus que le froid.

J’ai aimé qu’elle travaille dans un service d’aide aux plus démunies et que l’auteur nous montre l’envers du décor.

Un roman qui parle également de la vacuité de nos vies que l’on remplie avec des émissions de télé ou nos smartphones.

L’image que je retiendrai :

Celle d’Idriss, le petit fils des voisins qui comprend trop de choses pour son jeune âge.