Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

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4 juillet 2024

20e siècle, Paris

De février 1934 à juin de cette même année, nous allons suivre Gabriel Funel journaliste à l’Huma ; Ernest Vince à la tête de la raffinerie de la Jamaïque ; Camille employée dans cette même raffinerie et le commissaire Bornec.

J’ai aimé ce commissaire qui cherche à connaître l’identité d’une noyée de la Seine retrouvée en février.J’ai aimé son tic de caresser son alliance quand il réfléchit.

J’ai aimé qu’il donne un prénom de fleur à chaque cadavre de femme inconnu.

J’ai aimé qu’il s’attache à trouver son identité parce que la jeune femme noyée avait les doigts blessés des ouvrières comme ceux de sa propre grand-mère.

L’auteur m’a permis de découvrir le travail des ouvrières (le parton n’emploie que celles qui ne sont pas mariés pour les payer moins cher).

J’ai découvert le lieutenant-colonel Laroque et son organisation les Croix-de-feu limite fascisante.

J’ai été désolée que Camille n’apparaisse que ça et là dans l’intrigue. Mais sans doute son personnage prendra-t-il plus d’ampleur par la suite.

J’ai aimé suivre le journaliste Gabriel qui s’intéresse aux travailleurs-euses et se documente sur leurs conditions de travail.

J’ai bien cru que je lisais du Zola tant les conditions de travail des ouvrières (horaires interminables, pause repas réduite, bas salaire…) sont décrite comme proches de celles du 19e siècle.

L’image que je retiendrai :

Celle du regard d’Ernest Vince sur ses ouvrières qui embauchent chaque matin depuis son bureau en surplomb.

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3 juillet 2024

enquête, Paris

Quel plaisir de retrouver le commandant Chanel pour une nouvelle enquête.
Encore une fois, j'ai aimé me couler dans la prose de l'auteur et j'avais hâte de retrouver les personnages.
Mais j'ai trouvé la valse des personnages un peu factice : certains sont dégommés façon Game of trone et l'on n'a pas le temps de s'attacher à eux.
Et puis le suspect n°1 apparait trop facilement à mon goût.
J'ai toutefois aimé la chef qui arrive et repart tel un ouragan au risque de faire s'écrouler la maison.
Vivement la prochaine enquête de Chanel.

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1 juillet 2024

vie moderne

Nous suivons cette fois Sabrina, AESH dans une école maternelle. J’ai aimé découvrir son quotidien avec les enfants, certains encore en couche pendant la sieste ; découvrir Nestor qui montre le plafond et disparait parfois sans que l’on s’en aperçoive.

Son fils aîné Esteban a été exclu de l’internat pour une semaine et revient donc chez sa mère avec son demi-frère Kylian.

Sabrina prend sous son toit une jeune ukrainienne en mauvaise état rencontré sur le parvis de la gare : Iryna.

Mais deux méchants sont à ses trousses : Alexei le russe et Viktor l’ukrainien, fils d’Olga la tenancière. Heureusement pour Iryna, Alexei est un coeur tendre.

J’ai aimé cet opus qui nous parle des réfugiés ukrainiens à travers la fuite d’Iryna, leur prise en charge par l’Etat français quand ils ne font pas partie de réseaux de trafiquants.

Un roman qui parle également de cette frontière floue entre Russes et Ukrainiens qui se revendiquent d’une nationalité sans être forcément d’accord avec ce qu’il se passe dans leur pays respectif.

Un roman qui parle des petits bourgeois de la Génération Z (comprenez celle qui a voté Eric Zemm… aux présidentielles) et qui veut faire faire le travail sale par des prolétaires (coller des affiches, tracter…). J’ai aimé le bon tour que leur joue les deux fameux prolétaires ouvriers dans ces pages.

Un roman qui nous parle d’une jeune fille en fuite pour échapper à son beau-père concupiscent et dont on ne saura jamais la vraie identité.

Un roman qui nous parle un peu de l’autisme avec Nestor qui fixe le plafond en répétant « pousse ». Nous saurons dans les dernières pages pourquoi.

Un roman sur la vie française en 2022.

L’image que je retiendrai :

Celle des kilomètres parcouru par les deux voitures pour atteindre Nice depuis la Place Carrée : autoroute, routes de campagnes, sandwichs, hôtels…

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1 juillet 2024

Ecosse

Des bleus, des ocres, mais aussi des rouges et des noirs. Toute la palette chromatique s’invite en Ecosse sous les mots du peintre Jérôme MAGNIER-MORENO, alias Rorcha.

J’ai aimé voyager avec lui depuis Paris jusqu’aux Highlands et au lac sans nom, à la fois sur les traces d’un beau souvenir d’enfance mais aussi pour fuir après une dispute avec sa compagne.

J’ai aimé voyager avec lui en train de nuit au gré de son insomnie.

J’ai eu froid avec lui dans le brouillard de la lande.

Car l’auteur est un magicien des mots qui m’a envoûté jusqu’à le suivre au bout du monde.

J’ai aimé découvrir certains de ses tableaux magnifiques en parallèle du texte : les couleurs franches et les nuances des cieux et des terres.

Un voyage plein de poésie et de couleurs qui m’a littéralement enchanté et que je vous invite à faire.

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1 juillet 2024

exil

Nous suivons cette fois-ci Lolo et sa soeur Nini. Lolo habite un immeuble de la Place carrée et vit reclus chez lui depuis le confinement.

Nous découvrons son passé par petites touches : enfant différent et solitaire, il fait une fixation sur la fausse-couche de sa mère bien avant sa naissance ; sa soeur s’occupe de lui car ses parents ne savent pas comment faire ; ses rares amies ont disparu brutalement sans que le lecteur ait de détails.

Lolo a fait partie du groupe de théâtre d’Ali, il était un élément prometteur. Lolo a voulu écrire sa propre pièce et a pris en grippe Ali.

Lolo regarde ce qu’il se passe sur la Place carrée avec la lunette d’une arme à feu.

Lolo écrit une pièce de théâtre dans laquelle Clic et Cloque sont les personnages principaux. Je n’ai pas aimé ces parties dans lesquelles Clic et Cloque discutent à la façon de Lennie et George (Des souris et des hommes de Steinbeck).

J’ai eu de la peine pour Lolo qui suit le compte d’Elora Silva sur Instagram, avant de comprendre qu’elle a aussi une page Onlyfan sur laquelle il faut payer pour la voir dévêtue. C’est son seul moment de joie dans sa journée : regarder cette jeune-fille sourire.

J’ai eu du mal avec les voix qu’entend Lolo : d’abord celles de ses personnages, puis, la nuit, celle à travers la cloison qui le sépare de l’appartement d’à côté.

J’ai eu du mal avec ce huis-clos, cet enfermement volontaire de Lolo qui a peur du Covid même après le déconfinement.

Un huis-clos pendant lequel les jours et les nuits s’enchainent sans repères de temps.

Mais ce roman très noir m’a fait découvrir Jean Walter et les Mines de Zellidja. J’ai aimé découvrir sa vie à travers les mots d’Ali.

Un roman sur un homme dont l’esprit dérape, sur une soeur qui le porte à bout de bras et sur les ravages d’Internet (fake-news et faux comptes).

L’image que je retiendrai :

Celle de la lunette du fusil de Lolo à travers laquelle il regarde le monde. À chaque fois, je pensais qu’il allait tirer.