Par Mots Et Merveilles -.

Roman

Flammarion

21,00
18 septembre 2020

Touchant et émouvant

23 décembre 1999, alors que la tempête fait rage, Alexandre, paysan, transformé en agriculteur par la force de la modernité décrétée, a pris une décision. Et pour la comprendre, Serge Jaucour nous raconte l’histoire de ce fils de paysan, éleveur, depuis le milieu des années 70. L’arrivée des ronds-points pour desservir les premiers supermarchés, et pour fournir le mammouth du coin, il faut produire d’avantage. Le père d’Alexandre l’accepte et compte sur son fils pour entrer dans la danse. Quant aux sœurs d’Alexandre, elles n’envisagent leur vie que dans une grande ville, Toulouse, Paris. L’aînée sera la première à partir, vivra dans un appartement communautaire. Alexandre y croisera de jeunes étudiants de gauche, d’extrême gauche, des anti-nucléaires.

Au travers de l’histoire d’Alexandre, on regarde le tournent pris à partir des années 70 et de ces opposants, de son évolution et des catastrophes sur catastrophes qui jalonneront ces trente années. Tout au long de cette période, Alexandre, lui, voudrait croire que ses belles prairies jonchées de menthe sauvage seront immuables.

« Encore une fois il fallait accepter que les villes dictent leur loi, qu’elles sabotent les campagnes pour assouvir leur désir de libre-échange, qu’elles communiquent, soient visitées les unes et les autres, commercent, c’était d’un égocentrisme écoeurant ».

Dans ce roman au long cours, défilent les évolutions d’un mode de vie non sans conséquence aujourd’hui.
« (…) . Et puis vous tous là, avec vos délires antinucléaires à l’époque, vos manifs et vos bombes, c’est vous qui avez pourri les têtes, c’est vous qui avez semé la peur, (…), vous avez foutu les jetons à tout le monde avec vos conneries, et c’est jamais bon de semer la peur … Résultat des courses, cinq ans après les écolos ont zéro député et le font national Trente-cinq... ».

Roman touchant et émouvant, dont la construction éclaire notre époque à la lumière d’une autre, et donne à voir peut-être ce qui pourrait nous attendre...

Le complot

1

Little Urban

12,90
13 août 2020

Adorable roman

Adorable roman enfant (9 ans) où l’on suit les aventures de timmy, petit lapinou frêle, qui se croit peureux et trop timide pour vivre des aventures comme ses frêres et sœurs. Sauf que le destin en décidera autrement et il apprendra que même frêle on peut réaliser (de belles et grandes choses) quand on a un cœur bon et vaillant : « un peu de chance, une carotte fraîche et une bonne dose de courage ». Un clin d’œil aussi sur les écrans, internet et la chasse aux images qui volent les âmes.
Mot de l’éditeur : se rendre à Londres. Ne parler à personne de sa mission. Trouver les Lapins de la Couronne d'Angleterre, les seuls capables de déjouer un complot qui menace la reine ! C'est ainsi que Timmy Poil-Fauve, le lapin le plus maigrichon de toute la garenne, celui qui endure au quotidien les rires moqueurs de ses frères et soeurs, s'avance, le coeur battant, vers l'aventure... Photographier la reine d'Angleterre en nuisette... Tel est le complot qui plane sur Buckingham Palace ! Agents secrets, carotte fraîche et un humour so british rythment cette folle aventure.
Dans la même collection « Maverick ville magique, mystère et boules d’ampoules » et « Les Aventures involontaires des soeurs Mouais – Hissez haut ! »

11,00
13 août 2020

Quel bonheur ce manga !

Quel bonheur ce manga ! Le japon des années 80, rural et urbain. Une jeunesse qui part, une autre qui reste. Natsuko vit et travail à Tokyo, son frère ainé est resté et est gérant de l’entreprise familiale de fabrication traditionnelle de saké. Passionné, il a récupéré des graines d’un riz extraordinaire pour produire le meilleur saké du japon. Le riz Tatsu-Nishiki (« dragon merveilleux »), devenu rare, ne peut supporter qu’une culture traditionnelle et biologique. Mais il tombe malade et décède avant d’avoir pu cultiver ce riz fameux. Parallèlement, Natsuko se voit confier la campagne publicitaire d’un fabriquant industriel de saké. Des circonstances feront qu’elle rentrera pour réaliser le rêve de son frère, quand bien même elle ne connait rien dans la culture. Par contre, elle a un palet sûr !
Immersion totale dans ce monde inconnu de l fabrication du saké, très codifiée, voire sacrée, confrontée à la production de masse et industrielle. Manga curieusement envoûtant… Loin des cerisiers en fleurs, un autre aspect fascinant de la culture japonaise, entre tradition est modernité.

Wei jun Sun

Patayo

10,00
13 août 2020

Une BD ovnie !

Une BD ovnie ! étrange et décalée dans le contexte actuel… ! Où l’on suit les pérégrinations d’une jeune femme dans Pékin, suivie par un lion de pierre qui a très faim, mais que lui donner à manger ? Prétexte à une ballade dans la capitale chinoise culinaire et artistique, avec une fin drôle et tendre …
Mot de léditeur : Pékin, chaque matin et chaque soir, lorsque le soleil et la lune se lèvent, une nouvelle légende naît. Quand Wen Wen, la fille qui aime dessiner, rencontre le lion de pierre qui aime manger, la gastronomie et l’encre se rencontrent aux grée des déambulations dans l’ancienne ville…

13 août 2020

Espagne, 1936, dans un village reculé. Homéro, instituteur, dîne chez des habitants, pas de salaire, mais les repas sont pris chez l’habitant. C’est pourquoi, les instituteurs sont surnommés les pique-au- pot… Pourquoi aller à l’école ? Pourquoi enseigner ? Pourquoi faire ? Cela inquiétait la mère d’Homéro, qui lorsqu’il apprenait à lire et à écrire lui asséna « ne t’avise jamais d’être libre ».
On parle de la guerre, loin du village mais bien présente. La guerre, Homéro, ce n’est pas son affaire. Car « rien ne laisse autant de trace que l’apprentissage l’horreur (…) ».
Puis la conversation dérive sur la petite fille du village, violée et tuée quelques jours plus tôt. Le curé du village accompagné de villageois arrive chez l’habitant, leur demande de les accompagner pour débusquer le coupable. Loi du Talion. Mais Homéro ne se joint pas eux, ni l’habitant.
Homéro rentre à l’école.. Un coup de feu claque. Deux vagabonds, à la recherche de travail, à bout de force, frappent à sa porte. Il leur conseille de ne pas rester dans les parages en ce moment.
D’ailleurs, une vieille femme, ayant vaguement aperçu leurs silhouettes fatiguées, affirme avoir vu les coupables. La traque commence.
Homéro écrit. Sur la fondation d’un village. D’un homme. Et c’est le prétexte à montrer, à dire. Dire que « de tous les plaisirs que connaît l’homme, aucun n’est plus grand que celui de causer de la douleur. La contemplation de la beauté ou la transe de l’amour physique ne peuvent se comparer avec la jouissance de briser un os. Et le fait que les philosophes n’aient pas encore trouvé de raison convaincante, décisive, irréfutable, pour justifier cette caractéristique de la nature humaine, est un des plus profonds mystères qui soient. L’homme lance des ponts, domestique des forêts ou résout des problèmes mathématiques posés il y a des centaines d’années, mais tout son génie, toute sa patience et toute sa ferveur pâlissent devant l’énigme de sa méchanceté ». 

Dans ce court roman, à l’écriture aussi tranchante qu’un coup de couteau, aussi violente qu’un coup de poing, des mots sont admirablement posés sur l’obscurité de l’homme.