Lydie B.

par (Libraire)
14 juillet 2015

Diane et les gens heureux

« La vie est facile ne t’inquiète pas » est la suite de « les gens heureux lisent et boivent du café » premier roman d’Agnès Martin Lugand sorti en 2013 qui avait séduit plus de 300 000 lecteurs et sera bientôt adapté au cinéma.
Il n’est pas indispensable d’avoir lu le premier titre pour lire celui-ci même si on y retrouve plusieurs personnages dont Diane, qui est la propriétaire d’un café littéraire nommé « les gens heureux lisent et boivent du café ». Diane a perdu son mari et sa fille unique dans un accident de voiture et alors qu’elle était inconsolable, elle avait fui en Irlande pour s’isoler sur le chemin du deuil. Les amitiés irlandaises qu’elle a su tisser lui ont permis de se reconstruire peu à peu.
De retour à Paris, Diane a décidé de tourner la page et de reprendre en main son café, aux côtés de son fidèle ami Felix qui va tout tenter pour que Diane puisse refaire sa vie. Mais Diane ne pense qu’au travail et elle s’y jette à corps perdu, peut-être que l’esprit occupé effacera les souvenirs. Pourtant un client un peu plus courtois attirera un jour son attention. Mais même si les sentiments se réveillent, Diane ne peut répondre à ses attentes, jamais elle ne supportera d’être mère à nouveau, la disparition de sa fille semble l’avoir brisée à tout jamais.
Alors qu’elle visite une exposition, Diane se retrouve face à une connaissance qui la replonge en Irlande. Elle est bouleversée par ce qu’elle apprend et des événements inattendus vont de nouveau bousculer sa vie.
Agnès Martin Lugand nous entraîne encore une fois dans un roman que l’on ne peut pas lâcher. Elle a réussi à intégrer des scènes cocasses et amusantes à un récit émouvant sur la reconstruction après un deuil, avec des personnages très attachants. Un superbe message d’espoir.

par (Libraire)
14 juillet 2015

Sur les chemins de Shakespeare

Anne Delaflotte Mehdevi fait revivre l’héroïne de son premier roman « la relieuse du gué » paru en 2008. Dans son nouveau titre elle nous sert une intrigue Shakespearienne en trois actes.
Mathilde, est une jeune relieuse qui a repris l’atelier de son grand-père dans un village de Dordogne Montlaudun. Elle a su tisser des liens indéfectibles avec les artisans de la ruelle où elle habite, la rue du Gué, contrairement à l’odieuse « relieur-doreur » Astride Malinger.
Cette consœur qui vient recourir ses talents pour la restauration d’un ouvrage unique, un fabuleux trésor : un exemplaire du premier folio de Shakespeare dont elle espère tirer un bon prix.
Tout d’abord, Mathilde refuse de retarder ses ouvrages en cours pour rejoindre l’atelier de la méprisante Malinger dans la ville voisine. Pourtant la curiosité l’emporte et dès que ses doigts effleurent les feuillets de papier ancien, elle accepte la formidable mission.
La cassante Astride sait bien se faire plus douce quand il s’agit de demander la collaboration de la passionnée et talentueuse relieuse du gué.
Malgré le côté désagréable de la présence d’Astride, Mathilde ne peut que se réjouir du travail passionnant qu’elle a la chance d’effectuer, d’autant plus qu’elle tirera de ce travail réalisé, un bien étrange salaire. Car au moment de lui payer le montant convenu entre les deux femmes, Astride estime que Mathilde a été plus rapide que prévu et donc qu’il n’est pas juste de la rémunérer autant. Dans ce jeu de dupes, Mathilde ne sera pas la plus faible, elle aura la répartie et saura retourner la situation en demandant à être payée en nature avec le fameux portefeuille de cuir rouge qui est posé sur une étagère de l’atelier de reliure.
Que sont ces feuillets anciens contenus dans ce portefeuille, je ne vous le dévoilerai pas, à vous de le découvrir !
Ce que je peux vous dire c’est que Mathilde saura si ce qui lui arrive relève de la catastrophe ou du miracle, quand elle aura élucidé l’énigme de ces feuillets, dans les pas de Shakespeare. Un superbe roman qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne.

Sabine Wespieser Éditeur

16,00
par (Libraire)
7 mars 2015

Errance délicate

Le point de départ de ce nouveau roman est l’image d’un homme assis sous un réverbère, fumant la pipe et lisant un livre bien précis « Scènes de la vie de bohème » d’Henry Murger. Cette scène, sous le regard de la narratrice va déclencher un travail de mémoire. Car en observant cet inconnu, elle se souvient de son père dans la même position avec le même livre, qui était son ouvrage de référence, celui qui ne quittait pas son bureau, qu’il avait toujours sous la main. Cela va entrainer chez cette femme, une sorte de quête de la figure paternelle.
Comme elle vient d’accepter de garder la nouvelle maison de ses amis pendant leur absence, elle va s’y rendre par des chemins détournés, comme si elle faisait l’école buissonnière. Elle erre le long d’un canal et fait de multiples rencontres : un éclusier dont elle pourrait tomber amoureuse, un couple de bateliers avec qui elle va faire une partie du voyage sur leur péniche et un chien errant qui ne la quittera plus. Tous ces personnages vont lui permettre de se remémorer sa jeunesse et son enfance. Plus particulièrement, la présence de cet homme qui s’est introduit dans leurs vies, la sienne et celle de sa mère, elle avait déjà trois ans et sa mère lui présenta comme son père alors qu’elle ne l’avait jamais rencontré.
Ce père décédé trop tôt, elle n’a pas vraiment su l’aimer car ils n’ont pas toujours pris le temps de se comprendre. Enfin, il est temps de le redécouvrir, ce qu’elle fera tout au long de son joyeux périple, certes nostalgique mais surtout libérateur.
Car c’est à l’issue de cette promenade lumineuse qu’elle se libèrera totalement de celui qu’elle appelle son « intime étranger » pour enfin accepter ce père tel qu’il était.
Michèle Lesbre nous offre comme dans tous ses romans, une écriture sublime, poétique et sensible.
Un roman bouleversant sur la quête des origines qui nous rappelle avec une infinie douceur que nous avons tous des chemins intimes à parcourir encore.

Sabine Wespieser Éditeur

21,00
par (Libraire)
7 mars 2015

Petite merveille

« Amours » le dernier titre de Léonor de Recondo aux éditions Sabine Wespieser est pour moi un véritable coup de cœur autant pour le livre que pour l’auteur dont j’avais beaucoup aimé le précédent roman « Pietra viva » qui vient de paraître en format poche aux éditions Seuil. « Pietre viva » raconte quelques mois de la vie de Michel-Ange, Léonor de Recondo y interroge le mystère de la création et les obsessions de l’artiste.
Dans « Amours » Léonor de Recondo relate une histoire de femmes dans les années 1900, dans une maison bourgeoise du Cher. Le propriétaire des lieux, Anselme de Boisvaillant est notaire, il est marié à Victoire depuis cinq ans mais son épouse n’arrive pas à lui donner l’héritier tant attendu. Leur mariage était certes arrangé mais Victoire est jeune et belle. Pourtant celle-ci tellement corsetée dans ses dentelles, se sent comme cadenassée dans sa vie, et la musique qu’elle joue sur son piano ne suffit pas pour lui donner ce bonheur qui lui échappe désespérément.
Régulièrement, Anselme monte dans les combles de leur habitation, pour y retrouver Céleste, la jeune domestique qui n’a d’autre choix que de subir les ardeurs de son maître. Il faudra plusieurs semaines à cette jeune femme de 17 ans pour comprendre qu’elle est enceinte. Bien qu’elle tente de cacher sa grossesse pour ne pas être renvoyée, la maitresse de maison Victoire comprend les méfaits de son mari et décide de prendre sa destinée en main. Cet enfant sera le sien et Céleste qu’il l’a porté, restera à ses côtés. Les convenances bourgeoises laisseront alors place à la force des sentiments et aux amours cachés.
Léonor de Recondo nous décrit ces destins de femmes tout en finesse. C’est en violoniste virtuose qu’elle y rythme ses phrases dans une musicalité parfaite, une justesse des mots, une subtilité et une sensualité poétique.
« Amours » est un roman sur les secrets de famille, sur la maternité mais aussi sur la liberté des corps et l’éducation des jeunes filles au début du XXe siècle, celles qui lisaient en cachette Madame Bovary en s’identifiant à Emma.

par (Libraire)
15 février 2015

UN CONTE "PUERTOLASIEN"

« La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel » (vous remarquerez que Romain a un don pour les titres à rallonge, plutôt évocateurs) c’est un roman sur l’amour, l’amour d’une mère qui peut soulevait des montagnes ou bien apprendre à voler par exemple.
L’histoire est celle de Providence qui est facteur à Paris, (elle ne veut pas que l’on dise factrice), en vacances au Maroc elle fait la connaissance d’une petite fille Zahera qui est hospitalisée depuis des mois, elle souffre de mucoviscidose, elle est orpheline et lutte toute seule dans cet hôpital. Providence va lui promettre de venir la chercher et de l’adopter. Mais les démarches sont bien longues, quand enfin elle a tous les papiers, Zahera est à bout de souffle, il est vraiment urgent de la rapatrier pour la faire soigner au plus vite à Paris.
C’est à ce moment-là que le volcan islandais se réveille et que l’immense nuage de cendres qui s’en échappe, empêche les avions de décoller. Providence est désespérée, l’état de sa fille est alarmant. Il faut trouver une solution dans l’urgence pour la ramener.
Et c’est là que toute la magie de Romain Puertolas opère, qu’inventera-t-il pour que Providence et Zahera puissent enfin se rejoindre et surtout pour que Zahera ait toutes les chances d’être soignée au mieux. Je vous laisse imaginer mais surtout je vous invite à lire ce conte « Puertolasien ». Romain Puertolas a dans ce roman écrit sur deux sujets sérieux : la maladie et l’adoption tout en y apportant sa touche d’humour, de légèreté et de loufoque. Mais en y mettant beaucoup de tendresse et d’amour. C’est un livre qui fait du bien et c’est bien là le plus important.