Rémi G.

Ici n'est plus ici
21,90
par (Libraire)
9 septembre 2019

Coup de coeur de Rémi

Tout commence par un prologue coup-de-poing sur l'histoire sanglante des amérindiens, histoire de rappeler de quoi qu'on parle, et d'appeler un chat un chat et un génocide un génocide.

Puis, vient notre époque. Assez vite. Et Tommy Orange, qui ne s'excuse pas d'être descendant d'autochtones, dresse le portrait d'une galaxie d'indiens d'aujourd'hui, avec leurs déboires, leurs misères, leurs pertes de repères, tout en faisant l'inventaire, finalement, de "ce qui reste" : les pow-wows, quelques contes et légendes, des trucs qui se refilent de génération en génération...
Pas grand chose, en somme, mais ce qui est rare est cher.

Le roman se lit comme un diesel qui accèlère sur la deuxième partie, lorsqu'on comprend vite que nos personnages épars seront les acteurs d'un immense pow-wow, sur lequel plane une inquiétante menace.

Si le style oscille entre le bon et l'excellent, si la construction du roman très à l'américaine (galerie de portraits convergeant vers une fin en apothéose) reste assez convenue, Tommy Orange emporte l'adhésion avec la puissance de ses personnages, et l'infinie compassion qu'ils nous inspirent !

Vraiment très bon !

Chroniques d’une station-service
par (Libraire)
9 septembre 2019

Coup de coeur de Rémi

J'ignore pourquoi, mais j'ai toujours trouvé que la station-service est un lieu romanesque et évocateur. Le monde semble s'accélérer autour d'elle, on ne s'y arrête que pour en repartir plus vite, sans y revenir jamais.
Mises bout à bout, les stations services forment la plus grand salle des pas perdus du monde.

Et le troufion de base du capitalisme, derrière sa caisse, attendant d'être obsolète, est la sentinelle.

Alexandre Labruffe se met dans la peau du pompiste et tient son journal de bord, à la fois mélancolique et drôle, sur ce petit monde dans le Monde. Déboires, clients, bons mots, réflexions, un brin de poésie. Lui s'emmerde ferme, nous jamais.

Etonnant !

Une bête au paradis
18,00
par (Libraire)
18 juillet 2019

Coup de coeur de Rémi

Dans ce roman magnifique et cruel, Cécile Coulon dresse des portraits de femmes bouleversant et juste. La dureté du travail de la terre, les déchirements des huis clos familiaux, l'amour vache et l'amour tendre, tout est rendu avec une langue lyrique absolument magnétique.

Fascinant de bout en bout, bouleversant, romanesque aussi, ce texte confirme, s'il le fallait (il ne le fallait pas), le talent de Cécile Coulon.

Le Chant mortel du soleil
par (Libraire)
11 juin 2019

Coup de coeur de Rémi

Le Qsar et sa horde de montagnards ne suivent qu'un seul objectif : exterminer les manifestations des dieux sur Terre, débarrasser cette dernière de ces encombrants. Il ne reste guère que la cité d'Ishroun à conquérir, et ses temples à brûler, et tout sera accompli...

Un grand roman épique, à l'esthétique assez magnétique. La langue est travaillée sans être bavarde, et propose une voix très originale dans l'imaginaire français.

On pardonne beaucoup à l'intrigue grâce au style léché, à l'ambiance envoûtante, à la richesse de la création et à la puissance des personnages.

Chapeau !

Carnets de la Strandja, 1989-2019 D'un mur l'autre

1989-2019 D'un mur l'autre

Buchet-Chastel

19,00
par (Libraire)
18 mai 2019

Coup de coeur de Rémi

Au bout de l'Europe, il y a la vallée du Danube.
Au bout de la vallée, il y a la Bulgarie ;
Au bout de la Bulgarie, il y a la Strandja. L'extrême pointe de l'Union Européenne.

Alexandre Lévy, qui y a vécu les vingt premières années de sa vie, nous fait découvrir cette terre dépeuplée, aux avant-postes de la crise des migrants (comme on la nomme pudiquement, par honte de dire autre chose), où se croise un cannibale, des milices nationalistes, des paysans pauvres, des petites villes animées qui se remettent encore tout juste de la sortie du giron soviétique.

Un mur (barbelés frontaliers) en remplaçant un autre (soviétique), la Strandja est une terre étrange, toujours murée, à la marge de la marge de la marge.

Vraiment passionnant !