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Il est des hommes qui se perdront toujours
par (Libraire)
5 mars 2020

Coup de coeur de Rémi

La langue française est riche de milliers de mots, et certains ne s’utilisent à bon escient qu’à de très rare cas. Prenez le mot « connard », par exemple.
Ce mot s’applique intégralement à Karl, le père des trois héros de ce livre. Du début à la fin, Karl ne vous décevra pas, ne vous surprendra pas. Il frappe, il humilie, il se sert de ses enfants, il les méprise, il ignore sa femme et ne nourrit de regret sur rien. Jamais.

Voilà dans quel milieu Karel, son fils, grandit, en banlieue marseillaise, avec son frère et sa sœur, ses compagnons d’infortune. Un souffle d’air viendra quand il s’aventurera dans la communauté gitane, à deux pas de chez lui, où il découvrira l’amour, l’amitié, l’aventure, mais pas encore la liberté, ni la confiance en soi, ni la paix, puisque, comme l’annonce le quatrième de couverture « la seule chose qui dure toujours, c’est l’enfance, quand elle s’est mal passée ».

Rebecca Lighieri signe un roman coup-de-poing sur une enfance massacrée. Le lecteur retrouvera, je crois, le portrait social d’une France fracassée dans les années 90 que l’on pouvait lire dans le Goncourt (lorrain) de l’an passé Leurs enfants après eux, mais nourrit de plus de noirceur, de violence, d’anormalité, de lubricité (en même temps, peut-on réellement faire un roman adolescent sans sexe ?), d’inquiétude.
Bref, ce livre est superbe. Vraiment superbe.