Yann L.

Dieu me déteste
4 septembre 2018

Il y a des livres comme Dieu me déteste, d'Hollis Seamon, qu'on a vite envie de refermer, non pas parce qu'il est mauvais – celui-là est génial – mais parce que l'on veut retarder la fin du roman, inéluctable, d'autant que dans celui-ci, Richie Rich, notre jeune héros de 17 ans, est en soins palliatifs. On ralentit la lecture pour lui donner quelques minutes de plus à vivre. Le dernier mot, c'est lui qui l'aura.

On le lui laisse volontiers tant sa verve d'adolescent est truculente, sa parole vraie, ses erreurs – oui, au seuil de la mort, on peut encore se tromper – entières, ses excuses réelles. Dieu me déteste est un livre sincère, intense, dense, clairvoyant, bienveillant. C'est une « perf » indéniable – pas perfusion, comme en blaguerait Richie, mais performance – d'Hollis Seamon, mère d'un enfant malade qui, à force d'observation de la vie en hôpital, a écrit cet hommage aux soignés et aux soignants. Dans ce livre, « on traite toute la famille ». Il faut le lire pour faire revivre Richie. Richie est éternel tant qu'on le lit.