L'ENSEIGNEMENT DE LA TORTURE. REFLEXIONS SUR JEAN AMERY
EAN13
9782021082128
ISBN
978-2-02-108212-8
Éditeur
Seuil
Date de publication
Collection
LA LIBRAIRIE DU XXE SIECLE
Nombre de pages
256
Dimensions
22 x 14 x 2 cm
Poids
312 g
Fiches UNIMARC
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L'Enseignement De La Torture. Reflexions Sur Jean Amery

De

Seuil

La Librairie Du Xxe Siecle

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Loin d’avoir été discréditée par les atrocités du XXe siècle, la torture est en passe de devenir, en ce début du XXIe siècle, une pratique banale : une méthode de renseignement, une technique policière et militaire, tant dans les dictatures que dans les démocraties. Pour la philosophe Catherine Perret, il est urgent de comprendre les raisons culturelles qui font aujourd’hui de la torture une technique de gouvernement des hommes de plus en plus admissible.

S’appuyant sur un auteur trop oublié, Jean Améry (1912-1978), et son essai sur La Torture, la philosophe interroge les prémices de l’institution d’une torture d’État.

Jean Améry réfléchit sur la signification de la pratique de la torture dans la culture chrétienne moderne à partir de l’expérience qu’il fit, sous le nazisme, de la torture et de l’extermination des Juifs d’Europe. Il fait ainsi sortir la torture du cadre d’exception dans lequel on la classe pour mieux l’oublier.

L’opération centrale de l’essai d’Améry est l’établissement d’ une relation intrinsèque entre la pratique nazie de la torture et la « Solution finale » mise au point par Hitler et son gouvernement. La torture d’un seul, livré à son bourreau, et l’extermination d’un peuple, abandonné par la communauté à l’appareil d’État, sont deux formes d’un même projet politique dont le nazisme est une expression, mais non l’expression unique.

Le corps torturé par le nazi n’est pas le corps du torturé. C’est notre corps. Pour dire ce corps que personne avant lui n’a pensé, Jean Améry invente une langue : il met la prose du reportage au service de la philosophie. Brutale, précise jusqu’à l’âcreté, véhémente et spéculative, l’écriture du témoignage dépasse alors le témoignage. L’expérience livre un texte écorché auquel il faut rendre la peau dont on l’a arraché, un texte dont il faut, pour le lire, devenir l’enveloppe.

La torture attaque enfin le lien social. Ce lien, aucune loi ne peut le décréter, même s’il doit être protégé par la loi. C’est donc en réfléchissant sur la disjonction entre le lien social qui associe les personnes et la loi qui assujettit les sujets qu’il faut chercher à redéfinir l’acte de torture. Il en va de la « démocratie » au cœur des pratiques démocratiques.
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