Le chagrin des vivants

Le chagrin des vivants

Anna Hope

Gallimard

  • 6 août 2017

    Londres, novembre 1920. La ville et le pays tout entier s'apprêtent à accueillir le soldat inconnu. Un corps anonyme extirpé du charnier français pour être enterré avec les honneurs à l'abbaye de Westminster. Une manière pour le peuple anglais de faire le deuil de tous ceux qui sont restés là-bas, ensevelis dans la boue, le corps explosé, sans sépulture, ou sous une simple croix blanche avec un numéro de matricule pour seule épitaphe. Une façon pour ceux qui ont survécu au cauchemar des tranchées de partager un moment solennel avec leurs compatriotes.

    Trois femmes vont vivre les cinq jours précédant l'évènement avec leurs blessures et leur chagrin. Evelyne, bientôt 30 ans, a perdu son fiancé dont le corps n'a jamais été retrouvé. Avec lui sont morts son avenir et ses espoirs de bonheur. Elle a participé à la guerre en fabriquant des munitions, elle construit la paix en travaillant au bureau des pensions. Ses proches la disent aigrie, elle est simplement d'une infinie tristesse. Ada, la cinquantaine, a vu son fils unique, Michaël, partir pour le front à tout juste 18 ans. Comme tant d'autres, il n'est pas revenu. Une simple lettre du ministère pour dire qu'il avait disparu sur le champ de batailles. Pas d'explication mais des questions sans réponses. Depuis, Ada voit Michaël partout, incapable de faire son deuil sans savoir où est son corps et connaître les circonstances de sa mort. Hettie a 19 ans à peine et imagine un avenir meilleur, loin de sa mère amère, loin de son frère revenu des combats totalement apathique. Tous les soirs, elle danse au Palais Hammersmith, avec des survivants, des estropiés, des hommes meurtris qui paient 6 pences pour la faire tournoyer sur la piste de danse pendant qu'elle rêve au prince charmant.

    Un magnifique roman, juste et pudique, qui évoque les blessures, encore à vif en cette année 1920, de la première guerre mondiale. Londres montre encore les séquelles des bombardements et les hommes et les femmes, touchés dans leur chair, dans leur cœur et dans leur âme, essaient de faire le deuil de ces années d'horreur. Oubliés, délaissés, gênants, les rescapés sont un rappel constant de cette génération qu'on a sacrifiée sur les champs de batailles. Ils se taisent, gardent au plus profond d'eux-mêmes ce qu'ils ont vécu et pourtant, raconter est une telle libération. Mais qui veut entendre les corps noyés dans la boue, les jeunes hommes explosés, les membres épars, les défections, la peur et les larmes ?
    A travers le portrait de trois femmes touchées par la perte, Anna Hope raconte les drames de la Grande Guerre mais aussi la volonté d'aller de l'avant vers un avenir plus souriant. Le Soldat inconnu sert de fil rouge, de son exhumation en terre française à sa lente progression sur le sol anglais, jusqu'à son arrivée à Londres le 11 novembre, symbole de tous ses pères, fils, frères, amants, amis qui sont tombés et sont restés là-bas, loin de leur famille. Un jour de deuil national, un moment rare où toute une nation pleure ses morts pour enfin pouvoir retrouver le goût du bonheur.
    Un premier roman maîtrisé qui augure d'un très bel avenir littéraire pour Anna Hope qui sait raconter, toucher, et faire aimer ses personnages. Coup de cœur !


  • par (Libraire)
    25 juillet 2016

    Bien que ce soit les hommes qui partent au front, qui meurent ou reviennent meurtris dans leur chair et dans leur âme ; l’auteur s’attache à nous brosser le portrait de trois femmes, trois londonniennes qui tentent chacune à leur façon de surmonter le conflit de la première guerre mondiale. Un retour à la vie marquée par l’absence, la colère, les silences et la nécessité de se projeter quand même dans un futur. Pour un premier roman c’est réussi, c’est beau, et cela nous bouleverse toujours autant de voir les blessures visibles et invisibles provoquées par toute guerre.


  • par (Libraire)
    16 mai 2016

    En novembre 1920, la Grande-Bretagne s’apprête à recevoir le corps du soldat inconnu. Une grande cérémonie à Londres doit exprimer le deuil national, et pendant les quelques jours qui la précèdent, nous suivons le quotidien de trois femmes. D’âges et de milieux très différents, elles sont toutes trois profondément marquées par la guerre, à travers les hommes qu’elles côtoient. Elles sont le symbole et la réalité de la société civile qui peine à guérir mais cherche à vivre après la grande catastrophe de la guerre. Le livre est impeccablement construit, avec un vrai souffle romanesque, des personnages complexes et des destins qui finalement s’entrecroisent. Un très bon roman historique.


  • par (Libraire)
    27 avril 2016

    Bouleversant

    Vous allez plonger dans ce roman du Londres des années 20 avec une telle délectation que ces cinq jours passés avec ces trois femmes, ces cinq jours passés dans ce contexte historique particulier, vous laisseront un souvenir de lecture indélébile.


  • par (Libraire)
    23 avril 2016

    Magnifiques portraits de trois londoniennes aux prises avec les spectres des absents, dans la paix meurtrie de l'après première guerre mondiale. Dans ce formidable premier roman, ce sont les femmes qui sont les personnages principaux. Les hommes, eux, ne sont que des survivants. Chef-d’œuvre !!

    Joëlle


  • par (Libraire)
    15 avril 2016

    Un très beau premier roman

    Coup de coeur ! Trois jeunes femmes confrontées à la guerre, trois destins qui s'entremêlent. Un très beau premier roman qui interpelle. Une histoire qui se tourne vers la vie et la lumière.


  • par (Libraire)
    9 avril 2016

    On aime... roman !

    Dans une Londres fébrile qui attend le rapatriement du soldat inconnu, trois femmes tentent de cohabiter avec leurs fantômes tombés en France : fils, amant ou frère, ravages de la guerre au creux de leur ventre.
    Très beau !


  • par (Libraire)
    5 avril 2016

    Durant 5 jours de novembre 1920, entre le 7 et le 11, l'Angleterre panse ses blessures et la nation toute entière attend l'arrivée du soldat inconnu. Trois femmes touchées par la guerre vont vivre ces journées à leur manière.
    Evelyn, dont le fiancé est mort sur le sol français, travaille au bureau des pensions de l'armée ; Ada n'arrive pas à faire le deuil de son fils tombé au front et pense l'apercevoir sans cesse dans la rue ; Hettie, dont le frère est revenu vivant mais n'arrive pas à se réadapter à la vie civile, danse tous les soir au Hammersmith Palais avec d'anciens soldats pour 6 pence la danse.
    Ces trois femmes dont les histoires vont se lier sans jamais se rencontrer, espèrent que ce jour de deuil national leur permettra de faire leur deuil personnel pour pouvoir à nouveau envisager l'avenir.


  • par (Libraire)
    19 mars 2016

    Admirable !

    Anna Hope signe un premier roman fort et tout en subtilité sur le deuil et la reconstruction.
    Ses personnages, 3 femmes dans le Londres des années 20, sont brisés par la guerre et tentent de se réapproprier leur vie. Chacune à leur façon.
    A lire absolument !


  • par (Libraire)
    5 mars 2016

    Comme un devoir de mémoire

    Pour son premier roman, Anna Hope aurait pu se contenter d’une histoire de plus sur le thème de l’après-guerre et de ses conséquences, ses ravages sur tout un pays. Loin d’emprunter un sentier balisé, elle nous livre ici un texte absolument maitrisé, posé, où les personnages prennent vie tout en subtilité et en finesse.
    Londres, début novembre 1920. Alors que l’armée britannique retourne sur les champs de bataille du nord de la France pour chercher le corps du soldat inconnu, Ada se remémore les derniers jours de son fils et ne peut accepter sa disparition purement et simplement. Elle croit l’apercevoir à tout moment : en cet homme de dos qui marche d’un pas pressé, dans les paroles de ce soldat devenu colporteur ... Pour Hettie, la vie est faite de rythmes endiablés sur la piste du Hammersmith Palais pour 6 pence la danse. Mais comment trouver l’âme sœur dans un monde où les derniers hommes sont bancals et détruits ? Quant à Evelyn, elle a choisi de travailler au Bureau des pensions de l’armée malgré les réticences familiales. En souvenir de son fiancé disparu, elle apporte tant bien que mal son aide aux gueules cassées et tente de veiller sur son frère revenu du front mais aux réactions incompréhensibles. Les trois femmes ne se connaissent pas mais comme beaucoup, elles ont perdu un fils, un fiancé ou un frère à la guerre et elles tentent de survivre. Sans cesse confrontées à la réalité et au manque, elles se frôlent, se croisent et attendent avec impatience le rapatriement du corps du soldat inconnu pour tenter de faire leur deuil. A travers elles, c’est une nation toute entière qui retient son souffle et espère relever la tête après un ultime hommage aux disparus.
    Dans une prose à la fois fluide et riche, Anna Hope a choisi de révéler à travers ces cinq jours de novembre une période cruciale dans l’histoire de la Grande Bretagne. Un livre indispensable comme un devoir de mémoire.

    Céline


  • 3 mars 2016

    Douleurs d'après-guere

    En 1920, les londoniens tentent de retrouver un sens à la vie.
    Dans cette atmosphère d’après-guerre, Ada, Evelyn et Hettie, mère, fiancée et sœur de soldat, symbolisent cette douleur collective d’une nation face aux corps absents. Nous les suivons durant 5 jours de Novembre, jusqu’à la cérémonie de l’enterrement du Soldat inconnu, symbole de ce chagrin des vivants.
    Un premier roman mené avec une extrême délicatesse.

    Sophie.


  • par (Libraire)
    22 février 2016

    Grand coup de cœur

    Le deuil est universel.
    1920, à quelques jours de la première cérémonie en l’honneur du Soldat Inconnu à Westminster. Anna Hope évoque avec beaucoup de talent le silence et le désespoir des hommes revenus de 14-18, et le quotidien de trois femmes, elles aussi meurtries mais bien résolues à tourner la page pour revivre. Grand coup de cœur pour ce premier roman so british plein de grâce et d’humanité


  • par (Libraire)
    17 février 2016


    Evelyn travaille au bureau des pensions des vétérans de la guerre, elle ne se remet pas de la perte de son fiancé. Ada est une mère tourmentée qui voit son fils mort partout. Hettie, jeune danseuse tient compagnie à de jeunes soldats pour quelques pences.
    Nous sommes en 1920, La Grande Guerre est encore ancrée dans les esprits et le gouvernement britannique décide d'organiser les funérailles nationales d'un soldat inconnu pour honorer la mémoire de tous ces hommes tombés au combat.
    Dans ce lendemain de guerre nos trois femmes essayent de retrouver goût à la vie, parcours qui relève plus de la survie et du défit. Comment continuer à vivre quand les questions demeurent sans réponse ? Jusqu'où iront ces femmes fortes pour trouver un semblant de paix ?
    Avec ce premier roman, Anna Hope, nous livre un texte sensible aux émotions justes. Ses héroïnes de papier deviennent le temps du récit, les héroïnes de la guerre, de grandes dames. Une merveille.


  • par (Libraire)
    12 février 2016

    A LIRE ABSOLUMENT

    À Londres, trois femmes vont vivre ces journées à leur manière. Evelyn, dont le fiancé a été tué et qui travaille au bureau des pensions de l’armée ; Ada, qui ne cesse d’apercevoir son fils pourtant tombé au front ; et Hettie, qui accompagne tous les soirs d’anciens soldats sur la piste du Hammer-smith Palais pour six pence la danse.
    Dans une ville peuplée d’hommes incapables de retrouver leur place au sein d’une société qui ne les comprend pas, rongés par les horreurs vécues, souvent mutiques, ces femmes cherchent l’équilibre entre la mémoire et la vie. Et lorsque les langues se délient, les cœurs s’apaisent.


  • par (Libraire)
    9 février 2016

    Ce roman aborde le destin brisé de soldats partis au front à travers le prisme de trois femmes anglaises aux lendemains de la Première Guerre Mondiale.
    Un premier roman étonnamment abouti tant par son écriture que par les thèmes abordés.
    Le livre entremêle les voix de ces trois femmes d'âges et de milieux différents qui sont liées sans le savoir à cette guerre.
    Un roman magnifique et bouleversant !


  • par (Libraire)
    27 janvier 2016

    Très beau premier roman sur le deuil, le pardon et l'oubli.
    Trois destins de femmes brisées par la guerre mais aussi portrait d'une nation broyée qui tente d'apaiser son chagrin durant ces cinq jours précédant les célébrations du 11 novembre 1920.
    Vivement conseillé...


  • par (Libraire)
    27 janvier 2016

    Très beau premier roman sur le deuil, le pardon et l'oubli.
    Trois destins de femmes brisées par la guerre mais aussi portrait d'une nation broyée qui tente d'apaiser son chagrin durant ces cinq jours précédant les célébrations du 11 novembre 1920.
    Vivement conseillé...


  • par (Libraire)
    27 janvier 2016

    Le 11 novembre 1920 l’Angleterre rend hommage aux victimes de la guerre en célébrant le soldat inconnu. Ce soldat mort en France pourrait être le fils d’Ada ou le fiancé d’Evelyn. Pendant quelques jours nous suivons le quotidien de ces 2 femmes et de Hettie jeune femme d’à peine 20 ans. Si Ada et Evelyn vivent toujours dans le souvenir, Hettie veut danser, aimer, vivre.
    Le roman culmine lors de cette journée du 11 novembre, jour de ferveur nationale, de recueillement, d’émotions. Journée qui permet aussi à ces 3 femmes et à tout un pays de tourner la page de la guerre et d’aller de l’avant.
    On ne peut rester insensible à ces destins, aux personnages d’Anna Hope qui nous paraissent si proches de nous malgré les années qui nous séparent. C’est un magnifique premier roman, à découvrir sans tarder.
    Valérie