La Petite Trotteuse

La Petite Trotteuse

Michèle Lesbre

Folio

  • 13 avril 2019

    Anne visite des maisons à vendre. Des maisons vides qu'elle remplit de ses souvenirs, ceux de son père adoré mort trente ans plus tôt. Trente années de silence, trente croquis qu'il a laissés, trente maisons à visiter. Car pour Anne, c'est la fin du parcours. Elle va visiter la trentième maison, la dernière. Dans une petite station balnéaire, elle s'installe dans une pension pas très loin du hameau isolé où l'attend son dernier rendez-vous avec l'absence paternelle. À la pension, un chat roux lui rappelle Izou, le chat de son père, le seul être avec qui il communiquait. Car son père était un taiseux, un de ces hommes qui n'exprime pas facilement leur amour. Au point qu'Anne, qui ne sait presque rien de lui, est obligée de reconstituer bribe par bribe les chagrins, les joies, les désespoirs, les moments heureux de son enfance auprès de lui. Dans la dernière maison près de la plage, saura-t-elle trouver la force de faire enfin son deuil ?

    Roman intimiste et nostalgique, La petite trotteuse nous emmène dans le sillage d'une femme qui essaye de se guérir de son enfance. Dans les maisons qu'elle visite, elle capte les vies passées et ses propres souvenirs affleurent : la guerre et les bombardements, sa mère, froide, son père, malheureux, le chat et le décès, brutal, ses fouilles infructueuses pour trouver un message à elle seule destiné. Plus tard elle a retrouvé ses croquis et sa montre. Une montre qu'il fallait remonter pour réveiller la petite trotteuse, une montre dont le tic-tac a bercé son enfance. Une montre qui ne la quitte plus mais dont la trotteuse s'est tue...
    Il ne se passe pas grand chose dans ce roman de Michèle Lesbre. Des souvenirs, de brèves rencontres, des sentiments, des silences, une absence. C'est pour son atmosphère, sa poésie, sa délicatesse que l'on s'y attarde. Pour s'imprégner d'une ambiance nostalgique au côté d'une héroïne touchante dans sa quête du passé, dans son travail de deuil, long mais sur le point de s'achever. Une lecture douce, en forme de parenthèse. Des instantanés d'une France profonde, un peu somnolente, hors du temps. Une belle découverte.


  • 1 juin 2018

    maison, mémoire

    J’ai cru, au début de ce roman, que la petite trotteuse était le personnage principal, qui visite des maisons dans différentes régions.

    On apprend, au fil de la lecture, que ce n’est pas sa profession. Elle est à la recherche de son passé dans les maisons que ses parents et elle ont habité un temps.

    Elle séjourne dans une pension de famille tenue par une mère et sa fille, mais cette partie de l’histoire m’a moins parlée.

    J’ai aimé sa rencontre avec l’architecte qui construit des théâtres éphémères.

    J’ai aimé découvrir par petites touches son passé entre une mère exigeante et un père qui s’efface peu à peu.

    J’ai aimé les souvenirs de la narratrice dans chaque maison.

    Une belle après-midi de lecture passée avec ces personnages, les mots si doux de l’auteure. Même si j’ai regretté les citations qui venaient alourdir son texte.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du chat orange qui hante la pension de famille.