May fly

Gérard Coquet

Jigal

  • par
    2 juillet 2021

    Un polar de Gérard Coquet ça se mérite. Il ne se laisse pas faire simplement comme beaucoup d'autres. Il exige de prendre le temps. Celui de connaître les lieux, l'Irlande, le climat et son ambiance ouateuse, grise, humide surtout en novembre. Celui de se faire à tous les noms des personnages qui arrivent dès les premières pages et dont il est préférable de se souvenir ; j'avoue que je ne suis pas très bon à ce jeu, mais que j'y suis parvenu sans trop de mal. Une fois le pli pris, plus moyen de quitter le pays. L’Irlande profonde est addictive ainsi que l'histoire de Gérard Coquet. On se demande bien où il veut aller au début, et puis, le mieux est de se laisser porter, de se laisser gagner par la tension qui monte sûrement, de faire comme Ciara qui ne comprend pas tous les tenants et les aboutissants de son enquête, mais qui emmagasine les informations et saura à la fin faire le tri et tout relier pour saisir l'ensemble. Parce qu'il faut bien dire que l'intrigue de Gérard Coquet est originale et tient toutes ses promesses, ancrée dans l'histoire de l'Irlande et dans celle de la géopolitique actuelle. L'auteur n'est pas avare d'informations et si l'on avance un peu dans le brouillard au départ, tout s'éclaire au fil des pages.

    Ciara, je l'avais déjà rencontrée dans L'aigle des tourbières. Elle est toujours finement accompagnée de Bryan Doyle, et cette fois-ci, de Cobra, une jeune femme efficace, d'abord froid. Et l'écriture de Gérard Coquet que j'avais appréciée n'a pas changé. Du rythme, des dialogues ciselés, des métaphores et des images fortes et parlantes, et toujours l'Irlande omniprésente. La même histoire au soleil, ça ne serait pas pareil, pas aussi puissant. Les abords du Connemara et l'île d'Inishbofin sont d'incroyables atouts dont l'auteur sait profiter.