Un père étranger

Eduardo Berti

Contre-Allée

  • 24 février 2021

    Julie

    L'auteur se souvient de son père immigré roumain installé à Buenos Aires tandis qu'il écrit sur les années anglaises de l'immense écrivain polonais Joseph Conrad. Superbe et troublant.


  • par (Libraire)
    16 janvier 2021

    Chassé-croisé d'intrigues

    De Buenos Aires à Paris en passant par le Kent et Madrid, ce roman réjouissant nous embarque dans un chassé-croisé d’histoires, d’intrigues et de personnages ! Notre narrateur, écrivain argentin, décide d'écrire un roman sur Joseph Conrad (fasciné par une anecdote selon laquelle un des lecteurs de Conrad aurait voulu l'assassiner). Et lorsqu'il commence ses recherches, il se rend vite compte que de nombreuses similitudes existent entre la vie du célèbre écrivain et celle de son père... Et si son père, homme secret s'il en est, avait lui aussi écrit un livre...?
    Entre fiction et réalité, on se questionne sur l’exil, la transmission, la langue ou encore sur la relation au père… "Un père étranger" est un texte passionnant à la construction originale et savamment orchestrée, et à la langue vive et inventive !


  • par (Libraire)
    6 janvier 2021

    Conseillé par Marie-Laure

    Il y a beaucoup d’Eduardo Berti dans ce livre ; il y a beaucoup de Conrad dans ce livre. Ici Joseph redevient Józef. Il a transformé son nom ukrainien, tout comme le père de l’auteur lorsqu’il a quitté la Roumanie pour l’Argentine. Ce livre est construit selon un système de miroir. Deux pères en exil, deux hommes qui ont fui leur terre natale et changé de langue.
    Le narrateur, lui-même écrivain, a émigré plusieurs fois. Il a vécu en France puis en Espagne. Comment fait-on d’une langue, sa langue ? Plusieurs fois, on fera référence à la nouvelle de Conrad, "Amy Foster", dans laquelle le mari se met à délirer dans sa langue originelle. Conrad a été un inconnu pour sa femme, mais aussi pour son fils Borys. De même, le narrateur essaie de retrouver son père à travers un roman qu’il avait entrepris d’écrire. Et voici que notre narrateur commence un livre à propos de Conrad : un lecteur décide de venir l’assassiner car l’écrivain l’aurait soi-disant humilié dans un de ses textes. Le narrateur se rendra d’ailleurs à Pent Farm, dans le Kent, lieu de résidence de Józef. La boucle est bouclée.
    Une construction brillante, où chacun est l’écho ou le sujet de l’autre. Une réflexion sur la langue, la paternité et l’écriture. Un roman formidable qui entraîne le lecteur aux quatre coins du monde sans jamais le perdre.