Le Diable emporte le fils rebelle

Le Diable emporte le fils rebelle

Gilles Leroy

Mercure de France

  • par (Libraire)
    13 avril 2019

    Puissant !

    Par une nuit givrée de février, Lorraine brûle les affaires de son fils aîné et fait le deuil de cet "escroc" qu'elle vient de mettre à la porte pour avoir ostensiblement affiché son homosexualité. Un portrait de femme sincère et ardent, où l'amour maternel dispute les conventions sociales jusque dans l'intime. Puissant !


  • 18 février 2019

    Une femme nourrit un feu. Elle y brûle les affaires de son fils aîné. Lorraine a mis a la porte Adam âgé de quatorze ans pour selon elle, protéger ses autres enfants : "protéger les plus jeunes était mon devoir de mère".

    Une phase qui revient comme un mantra dans ce roman où Gille Leroy nous immerge dans les pensées de Lorraine et ce qui l’a conduit à cet acte. Lorraine et sa vie de guingois : enceinte à dix-sept ans, rejetée par les siens et placée en pension chez les catholiques. Puis trois autres enfants, le travail à l’usine et l’emploi qui se fait la malle. Le chômage et les petits boulots pour son mari, la drogue pour Lorraine, et le couple vivote avec leurs enfants entassés dans un mobil-home. S'ajoute le regard des autres et plus particulièrement celui des services sociaux comme si elle ne pouvait être qu'une mauvaise mère.
    Adam qu'elle surnomme l'escroc, le fils préféré de son mari, est arrogant et violent envers elle. Un adolescent déjà connu de la justice que ses belles-sœurs accusent d’être homosexuel. C’en est trop pour Lorraine, la trentaine épuisée, qui puise dans sa foi et la religion le courage de rester debout. La pauvreté peut-être mais elle ne veut pas la honte.

    Si l’auteur a su retranscrire un milieu familial et social tout en dépeignant l’ambiguïté assez complexe de Lorraine, ce roman verse de trop dans les excès. Et malheureusement, l'ensemble perd en crédibilité comme si l'auteur, en voulant planter un décor, avait au final raté le coche.

    http://claraetlesmots.blogspot.com/2019/02/gilles-leroy-le-diable-emporte-le-fils.html